Qu’est ce que le biocontrôle ?

Le biocontrôle est un concept de protection ou de régulation contre les bioagresseurs des plantes cultivées des zones agricoles, des Jardins, des Espaces Verts, des Infrastructures (JEVI) et des forêts. Il concerne aussi la protection des denrées stockées et des semences.

Le biocontrôle met en jeu un ensemble d’agents d’origine biologique et de méthodes basées sur des interactions naturelles. Il participe à une stratégie visant à la réduction ou à la substitution de produits à risques pour la santé et l’environnement, tout en assurant une production durable.
Les outils du biocontrôle sont classés dans quatre familles :

  • Les macro-organismes tels que les insectes, les acariens ou les nématodes. Ils peuvent être des prédateurs, des parasitoïdes ou des entomopathogènes de bio-agresseurs ;
  • Les micro-organismes tels que les champignons, les bactéries et les virus. Ils peuvent être des antagonistes, des entomopathogènes ou des mutualistes ;
  • Les médiateurs chimiques (phéromones ou composés organiques volatiles tels les kairomones et autres attractifs ou répulsifs olfactifs);
  • Les substances d’origine naturelle (végétale, animale, microbactérienne, minérale).

Le biocontrôle est une des composantes de l’agro-écologie et de la gestion durable des milieux.

Les avantages du biocontrôle

Dans le cadre d’une agriculture durable, l’intégration des moyens de biocontrôle dans les programmes de protection intégrée permet :

  • Un haut niveau de protection des cultures et des récoltes,
  • Un maintien de la biodiversité,
  • Une meilleure préservation de l’efficacité des moyens de protection chimiques utilisés,
  • La santé des applicateurs et des personnes directement concernées par les opérations de protection des plantes
  • Une diminution des risques de pollution de l’eau, l’air et des sols,
  • Une meilleure protection du consommateur (moins de risques de résidus),
  • Une valorisation de l’image de l’agriculture et de l’agriculteur.

Qu’est-ce que la protection biologique intégrée?

La Protection Biologique Intégrée (PBI) est un concept ancien de mise en œuvre de moyens biologiques de protection des plantes. Comme le souligne Pierre Ricci, Directeur de l’INRA et Coordinateur du Groupe d’excellence européen ENDURE, dans un ouvrage publié récemment en collaboration avec Claire Lamine, «une protection des cultures durable ne peut se concevoir que par l’ajout «mesuré» de méthodes biologiques à effet partiel».

C’est l’objectif de la PBI qui doit donc apporter des solutions «mesurées», tenant compte des conditions naturelles de culture, des conditions agronomiques de production, de la biologie des ravageurs et de leurs ennemis naturels, tout en recherchant une production de qualité procurant un revenu optimum aux producteurs.

Contrairement aux méthodes conventionnelles basées sur les pesticides de synthèse censées apporter une solution «globale» à des problèmes spécifiques et locaux, la PBI est naturellement centrée sur des observations et des conditions locales, bien qu’elles puissent, dans certaines conditions, intéresser les producteurs d’une zone agro-écologique homogène. La PBI demande donc la mise en œuvre de moyens d’observation et d’outils d’aide à la décision qui, seuls, seront en mesure d’assurer et optimiser cette intégration.

«Les produits de biocontrôle représentent un ensemble d’outils à utiliser, seuls ou associés à d’autres moyens de protection des plantes, pour la protection intégrée telle qu’elle figure dans l’approche européenne». Les canadiens parlent de «l’éco-gestion des insectes,des mauvaises herbes et des maladies des Plantes».